Diaspora, du devoir au désir
Convoquée partout, la diaspora malagasy reste pensée comme une ressource à capter : transferts, compétences, investissements. Une question manque : pourquoi aurait-elle envie de le faire ? Une diaspora n'est pas héréditaire ; elle se reconstruit à chaque génération, et l'envie ne se décrète pas.
À la veille des Assises Nationales de la Diplomatie Malagasy, plaidoyer pour passer du devoir au désir : donner aux nouvelles générations une bonne raison de rester dans la famille. cricket-ipl.in
L'invitation qui m'a été faite à participer aux Assises Nationales de la Diplomatie Malagasy m'a remis devant un de ces sujets dont nous parlons beaucoup : la diaspora.
On la convoque partout : stratégies nationales, discours ministériels, colloques, ateliers, rapports de consultants et PowerPoint institutionnels où des flèches relient Paris, Montréal, Bruxelles ou Washington à Madagascar.
Sur les diapositives, tout circule : l'argent, les compétences, les investissements, les réseaux, l'expertise. Il ne manque généralement que les gens.
Car nous commençons presque toujours par ce que la diaspora pourrait apporter. Combien transfère-t-elle ? Combien pourrait-elle investir ? Comment mobiliser ses compétences, attirer ses entrepreneurs, faire revenir ses chercheurs ?
Mais il en manque toujours une : pourquoi aurait-elle envie de le faire ?
Nous sommes devenus de remarquables plombiers
La Lettre de Politique Nationale d'Engagement de la Diaspora, la LPNED, est intéressante. Inutile de lui faire un mauvais procès. Elle reconnaît la diaspora comme acteur du développement et évoque confiance, jeunesse, culture, mobilité, investissement, compétences et participation.
Mais sa logique reste classique : la diaspora possède des ressources, organisons-nous donc pour mieux les mobiliser. Capital financier, économique, technique, professionnel, culturel, politique : elle a manifestement beaucoup de capital. Nous voilà rassurés.
Il reste à trouver les bons robinets : faciliter transferts et investissements, améliorer les procédures, identifier les compétences, ouvrir des guichets.
Nous sommes devenus de remarquables plombiers de la diaspora.
Seulement voilà : un tuyau, même bien réglementé, ne produit pas l'eau. Et nous réfléchissons beaucoup moins à la source.
Une diaspora n'est pas héréditaire
Pour celui qui a quitté Madagascar à trente ans, l'appartenance n'est pas abstraite. Il reste la famille, la maison, le village, les mots, les souvenirs.
Mais son fils ? Sa petite-fille ? Le jeune né à Lyon qui comprend vaguement le malgache ? La jeune ingénieure de Bruxelles dont Madagascar se résume aux vacances et aux commentaires familiaux sur la politique ?
Nous faisons parfois comme si la diaspora se transmettait génétiquement. Malheureusement, l'identité n'est pas un groupe sanguin.
Une diaspora doit se reconstruire à chaque génération.
Le plus intéressant est que la LPNED connaît presque la réponse. Dans sa définition apparaissent trois notions essentielles : histoire, identité, expérience partagée.
Mais lorsque la LPNED devient opérationnelle, ces mots s'effacent derrière les instruments. On sait ce qui fabrique une diaspora. Puis on organise surtout ce qu'elle pourrait produire.
C'est comme connaître les conditions pour faire pousser un arbre et consacrer ensuite la politique agricole à compter les fruits.
Le retour aux sources est une curieuse idée
La LPNED parle de langue, de culture, de jeunesse, de « retour aux sources ». Fort bien.
Mais cette expression suppose qu'une identité malgache attend le jeune diasporique, rangée dans une armoire entre un lamba et quelques photos sépia.
Un jeune Franco-Malgache n'est pas un Malgache momentanément égaré en France. Il est aussi français. Cette pluralité constitue précisément la richesse d'une diaspora.
Son identité n'est pas à restaurer. Elle est à construire.
Il ne faut donc pas seulement empêcher qu'il « perde » Madagascar, mais faire en sorte que le pays soit assez vivant et familier pour qu'il veuille le garder.
Et l'Histoire, dans tout cela ?
On parle volontiers de culture, de langue, de musique, de gastronomie. Mais que transmettons-nous de notre histoire ?
Que connaît un jeune diasporique des royaumes, des résistances, de la colonisation, de 1947, de l'indépendance, des choix politiques, des réussites et des impasses ? Que sait-il de ceux qui ont pensé, combattu, enseigné, créé, soigné, entrepris ?
On appartient pourtant difficilement à une histoire dont on ne connaît aucun personnage.
Il ne s'agit pas de fabriquer un roman national bien repassé où tous auraient été héroïques depuis quatre siècles. Entre propagande patriotique et amnésie, une place existe.
Nous avons besoin de héros. Même imparfaits.
Le mot provoque chez l'intellectuel correctement formé une crispation. Il imagine statues, hymnes, moustaches militaires et quelques détournements commis au nom de la Patrie.
Il faut simplement des figures montrant ce qu'un Malgache a pu faire : chercheur, écrivain, médecin, entrepreneur, artiste, enseignant, sportif, inventeur, responsable associatif, bâtisseur.
Des femmes et des hommes qui disent : « Quelqu'un issu de cette histoire a essayé. À toi de voir ce que tu peux en faire. »
Une nation transmet aussi récits, blessures, victoires, contradictions. C'est ainsi que l'on fabrique une mémoire habitable.
Du devoir au désir
Le discours adressé aux diasporas repose encore sur une vieille mécanique morale : vous êtes partis, vous avez étudié, vous avez réussi, vous devez maintenant rendre quelque chose au pays.
Cette injonction peut fonctionner avec la première génération. Deux générations plus tard, elle devient fragile : difficile de demander à quelqu'un de rembourser une dette qu'il n'a jamais contractée.
Il faut donc passer du devoir au désir.
Madagascar doit aussi leur apporter quelque chose : une expérience, un réseau, une opportunité, un projet, une rencontre, une possibilité d'être utile.
Ce n'est pas du matérialisme. C'est la base d'une relation équilibrée. Les histoires d'amour finissent mal, en général, lorsqu'un seul des partenaires demande constamment de l'argent.
Il faut fabriquer des expériences
La LPNED prévoit mobilité, volontariat et échanges de jeunes. C'est une piste majeure. Mais attention à notre passion administrative pour les indicateurs : combien de jeunes, de missions, d'accords, de séjours ? Nous en ferons de beaux tableaux Excel.
Combien veulent revenir ? Combien ont gardé leurs contacts ? Combien ont découvert un domaine d'action à Madagascar ? Combien ont créé un projet ? Combien intègrent désormais le pays dans leur horizon professionnel, culturel ou civique ?
Un séjour de trois semaines où un jeune travaille avec des Malgaches de son âge sur un projet réel peut faire davantage pour l'engagement diasporique que vingt conférences sur « la mobilisation des compétences de la diaspora ».
Parce que l'appartenance ne se proclame pas. Elle s'expérimente.
Nous avons quelques talents : dossier incomplet, tampon manquant, signature du monsieur absent, petits pouvoirs, susceptibilités, méfiance envers celui qui revient de l'étranger.
Un jeune qui agit et voit un résultat reviendra probablement. Celui qui rencontre surtout bureaucratie et soupçon apprendra quelque chose sur Madagascar, mais pas nécessairement ce que nous avions prévu.
Une diaspora ne veut pas seulement être utile
Elle veut aussi être reconnue. Pas uniquement lorsqu'on cherche un investisseur, qu'il faut financer une école ou qu'un ministère souhaite un expert gratuitement mercredi prochain.
Elle veut pouvoir réfléchir, proposer, construire, critiquer.
Ce qui peut être le signe qu'elle commence réellement à se sentir chez elle : l'appartenance familiale commence lorsque l'on vous reconnaît enfin le droit d'être pénible.
Peut-être faut-il maintenant un acte II
Il ne s'agit pas de jeter la LPNED aux orties. Ce serait facile et injuste. Elle a posé des bases. Elle a construit une infrastructure de mobilisation.
Les Assises Nationales de la Diplomatie Malagasy pourraient imaginer la suite : l'infrastructure de l'appartenance.
Transmettre l'histoire. Faire connaître les grandes figures malgaches. Faire vivre langue et culture contemporaine. Organiser des immersions. Développer le mentorat. Relier les jeunes du pays et ceux de la diaspora. Construire des communautés professionnelles transnationales. Favoriser les projets communs. Donner à la diaspora une place réelle dans les politiques qui la concernent. Cesser de commencer par ce que nous voulons obtenir d'elle et commencer par ce que nous voulons construire avec elle.
Au lieu de demander : « Que peut apporter la diaspora à Madagascar ? », demandons : « Quel Madagascar voulons-nous transmettre à nos enfants pour qu'ils aient envie d'en écrire la suite ? »
Car avant de demander à une diaspora son argent, ses compétences, ses réseaux et ses investissements, il faudrait peut-être lui offrir quelque chose de plus difficile à produire : une histoire à connaître, des héros à discuter, une culture à habiter, une place où agir et, surtout, une bonne raison d'avoir encore envie de rester dans la famille.
Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) - Septembre 2026
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ALG : Ben Aknoun vise un deuxième succès (Boualem. L)
Après son précieux succès ramené de Sétif face à l’ESS lors de la première journée, l’ES Ben Aknoun s’apprête à recevoir, aujourd’hui, jeudi, l’US Biskra avec l’ambition d’enchaîner une deuxième victoire consécutive.
Pour cette première sortie à domicile, l’Étoile évoluera toutefois dans des conditions particulières puisque la rencontre prévue au stade du 20-Août se jouera à huis clos, en raison de la non-homologation des gradins de l’enceinte. Un sérieux handicap pour les hommes de Mounir Zeghdoud, privés du soutien de leurs supporters, mais qui ne semble pas perturber la préparation du groupe. Le technicien a maintenu l’ensemble de son effectif et dispose ainsi d’un large choix pour composer son onze. Après la prestation convaincante réalisée au 8-Mai-1945, les joueurs affichent une grande concentration et semblent déterminés à confirmer leur excellent départ. Fort de la prestation livrée à Sétif, Mounir Zeghdoud devrait logiquement reconduire le onze qui lui a donné satisfaction lors de la première journée.
Zeghdoud mise sur la continuité
Dans les buts, Boussouf conservera sa place après avoir livré une prestation de premier ordre face à l’ESS. Il sera protégé par une défense articulée autour de Brahimi et Tamimi dans les couloirs, alors que Talah et Chaâraoui devraient constituer la charnière centrale. Une arrière-garde qui devra une nouvelle fois faire preuve de rigueur pour contenir les offensives d’une équipe de Biskra désireuse de se racheter. Zeghdoud compte surtout sur la stabilité et les automatismes déjà installés pour permettre à son équipe de poursuivre sur la même dynamique. La concurrence demeure néanmoins importante au sein du groupe, ce qui offre au coach plusieurs alternatives en cas de besoin. Dans l’entrejeu, Benabdi et Benchaïra devraient être chargés du travail de récupération et de l’équilibre de l’équipe. Plus haut, Oukali aura pour mission d’assurer l’animation offensive et de faire le lien entre le milieu et les attaquants.
Djaâbout en pointe
Sur les côtés, Zaouche et Saâd devraient apporter leur percussion et leur capacité à créer des espaces, avec l’objectif d’alimenter Djaâbout, attendu en pointe. L’avant-centre aura la lourde responsabilité de concrétiser les occasions que ses partenaires pourraient lui procurer. L’Étoile possède donc des arguments pour faire mal à l’US Biskra, à condition de conserver la même discipline collective et la même efficacité que lors de son déplacement à Sétif. Malgré l’absence du public, Zeghdoud veut voir ses joueurs rester concentrés jusqu’au coup de sifflet final. Une deuxième victoire permettrait à l’ES Ben Aknoun de confirmer son statut d’équipe difficile à manœuvrer et surtout de s’installer parmi les formations ayant réussi leur entame de championnat.
BOUALEM. L
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ALG : Un derby historique avec MCO – CRT (Bachir/Nadir)
Pour sa première sortie officielle de la saison, le MC Oran accueille demain, vendredi, le CR Témouchent au stade Miloud-Hadefi, dans une affiche qui suscite déjà un engouement particulier dans les milieux sportifs oranais.
Le football de l’Ouest s’apprête à vibrer au rythme d’un derby qui promet beaucoup. Au-delà des trois points, cette rencontre possède une saveur particulière par son caractère régional et l’histoire qui lie les deux formations. Les Hamraoua abordent ce rendez-vous avec un argument de taille : ils restent invaincus depuis plusieurs mois dans leur antre et comptent pas moins de 14 matches sans défaite sur cette pelouse. Une série que les hommes de Ghennam veulent impérativement prolonger devant leur public. Après une préparation ponctuée de plusieurs rencontres amicales et une période de travail supplémentaire rendue possible par le report du championnat, le MCO estime avoir suffisamment travaillé pour réussir son entrée en matière. L’objectif est clair : s’imposer et lancer la saison sur de bonnes bases.
Les Hamraoua veulent éviter la pression
Pour les Oranais, ce premier rendez- vous revêt également une importance particulière sur le plan psychologique. Une victoire permettrait d’installer rapidement une dynamique positive et surtout d’éviter que la pression ne s’installe dès les premières journées. Les camarades de Ghennam n’ont d’ailleurs pas caché leurs ambitions tout au long de la semaine. Concentrés et déterminés, ils veulent profiter de l’avantage du terrain pour faire respecter les pronostics qui leur sont favorables. Le public hamraoui, attendu en nombre, aura également son rôle à jouer dans cette affiche. Les supporters veulent voir leur équipe démarrer par une victoire et afficher des ambitions à la hauteur de celles du club. Une contre-performance pourrait en revanche raviver certaines interrogations, notamment chez une partie des fans qui accueillent avec réserve le recrutement réalisé jusqu’ici. Les Hamraoua savent donc qu’ils n’ont pas droit à l’erreur et que seule la victoire pourra leur permettre de débuter sereinement leur nouvelle aventure en Ligue 1.
Un calendrier qui s’annonce infernal
Le staff technique devra cependant gérer intelligemment les efforts, car le MCO s’apprête à vivre un début de saison particulièrement intense. Après le derby face au CRT, les Oranais affronteront l’ASO Chlef le 19 septembre avant de se déplacer à Alger, trois jours plus tard, pour défier le champion d’Algérie en titre. Un enchaînement qui impose déjà une gestion minutieuse de l’effectif, de la récupération et de la charge physique. La préparation réalisée ces dernières semaines devra ainsi permettre aux joueurs de répondre présents malgrécerythmesoutenu.Pourladirection, la gestion logistique de ces déplacements constituera également un véritable défi. Mais avant de penser aux deux prochaines échéances, le MCO devra d’abord réussir son entrée en matière face au CRT. Dans un derby, les considérations liées au classement ou aux pronostics peuvent rapidement disparaître. L’engagement, la concentration et la capacité à gérer la pression seront déterminants.
Le Chabab sans complexe
De son côté, le CR Témouchent ne se présentera certainement pas à Miloud- Hadefi dans la peau d’une victime expiatoire. Après une première sortie encourageante malgré le résultat face au CSC, les hommes de Djallit veulent montrer qu’ils ont les moyens de rivaliser dans l’élite. Le technicien a félicité ses joueurs pour leur prestation tout en leur demandant de tourner rapidement la page de cette première rencontre. Le capitaine Yerrou avait lui aussi regretté certaines occasions manquées, estimant que son équipe aurait pu obtenir davantage. Face au MCO, le CRT devra surtout éviter de reproduire les erreurs commises lors de son précédent match et faire preuve d’une vigilance maximale face à des joueurs expérimentés. Djallit insiste notamment sur la concentration, qu’il considère comme l’une des clés de la réussite. Ses joueurs devront également apprendre à gérer la pression qui sera exercée par le public oranais. Dans ce derby historique de l’Ouest, le CRT entend donc défendre crânement ses chances et ne rien offrir à son voisin. Le décor est planté : entre un MCO désireux de préserver son invincibilité à domicile et un CRT décidé à jouer sans complexe, Miloud-Hadefi s’apprête à vivre une soirée de football particulièrement intense.
– BACHIR A./NADIR L.
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